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dimanche, 17 décembre 2006

Au danseur, mon frère

 © Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

L’avion s’élance
Comme deux bras tendus par l’amour pour embrasser le ciel
L’avion se cabre
Et moi je suis dans son ventre, les pieds soudain posés sur les nuages
Et je pense à toi …

Merci d’être si beau, si chaud, si frère
Merci d’être si grand lorsque ton corps s’étire
Et envahit l’espace
D’une musique recréée par ton pas.
Quand le silence incroyable des mots
Que l’arche de tes bras détermine
Dans un ciel de couleurs toujours réinventées
Fait surgir ton abécédaire
Comme un grand alphabet
De l’amour
De la vie
De la fierté d’être homme
Dans ce monde où chacun devrait n’ouvrir les yeux
Que pour donner dans un sourire ce que tu donnes avec ta force
Avec la puissance de tes muscles qui s’allongent
Et qui te font flotter dans l’air
Comme après l’amour quand l’un et l’autre ne savent plus
Qui a aimé le mieux, qui a reçu plus fort …

Ton art est humain parce qu’il est amour physique
Parce qu’on le voit
Parce que c’est vraiment toi qui fais vraiment l’amour
À la musique
A l’espace
A la couleur
Parce que c’est vraiment toi qui fais vraiment l’amour
A ceux qui te regardent
A ceux qui te reçoivent si bien
Qu’ils n’ont plus d’autre choix que celui de se nourrir de la beauté
La seule
Celle dont chaque membre est si nu
Qu’on ne lui voit plus que le cœur …
Et c’est ton cœur alors qui danse plus fort que toi …

Je t’admire, Gilles
Toi dont le mouvement est parvenu à épouser l’air.
N’atterris plus, le ciel des hommes est si vaste
Qu’il te faudra plus d’une vie
Pour expliquer à tous la magie de ton art.

Captain, votre avion vole, il ne danse pas,
Mon frère, lui, si ! …

Oh ! La sublime catharsis du danseur
Qui de son corps
Par tant d’efforts
Fait un chef-d’œuvre !

A Gilles, agile et si beau quand il danse, Février 1995

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