samedi, 27 septembre 2008

Il nous faut vivre

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

Il nous faut vivre
Tel que l’on est
Il nous faut vivre
Tel que l’on sait 

Il nous faut vivre
Au-delà de tout
Il nous faut vivre
Au-delà de nous

Il nous faut vivre
Bien différents
Il nous faut vivre
Totalement

Il nous faut vivre
Pour qui nous sommes
Il nous faut vivre
Pour nous en somme

jeudi, 31 juillet 2008

Adieu Poète

Bientôt presque 1 an déjà que Jacques Deslandes nous a quitté au petit matin du 14 Septembre 2007, après avoir mener un dur et inégal combat contre la pernicieuse maladie qui l'a emporté. Il laisse un vide immense dans nos têtes et dans nos coeurs.
Mais le son pénétrant de sa voix de poète demeure ainsi que ses textes si poignants et si inspirés ... Pour nous rappeller que la vie est belle même si parfois le désespoir l'emporte parce qu'on la voudrait meilleure et surtout moins injuste.
Jacques nous a laissé des centaines de poèmes qu'il a presque tous enregistrés. Ce qui fait que paradoxalement, il reste encore très présent parmi nous et qu'avec les enfants nous avons du mal à vraiment réaliser son absence. Comme il le décrit si bien dans les extraits ci-après d'un texte qu'il avait écrit à l'occasion de la mort d'un de ses amis.

(...)

L’absence, c’est comme un puits qu’on aurait dans sa tête
Qui fait pleurer nos yeux quand nos yeux se souviennent :
L’absence, c’est tout ce que l’amour ne veut pas être :
C’est ce trop plein de manque, c’est ce si peu de l’autre
Qu’on se retrouve nu, sans pouvoir rien donner.  

(...)

L’absence, c’est aussi la révolte :
Deux enfants t’ont perdu qui refusaient ta mort
C’est l’envie de crier, de hurler au silence
Un pied au bord du vide pour conjurer le sort
Mordre l’absence à mort ! …Mais la vie est plus forte !

(...)

C’est qu’avec le temps, l’absence, quand on y pense,
C’est déjà plus l’absence ;
L’absent, si on y pense n’est déjà plus l’absent …
Et il est là quelque part entre nous
(...)

(...)

 

L'âme des Poètes, merveilleuse chanson de Charles Trenet

dimanche, 30 mars 2008

Fouille dans ta tête

Fouille dans ta tête

Pour y trouver des mots

Pas forcément des mots nouveaux

Des mots de tous les jours

Qui naissent comme ça

Simplement

Parce que tu es là

Des mots qui te caressent

Des mots qui te tendressent

Des mots qui te disent tout

Et aux autres rien

Mais vraiment rien du tout

Rien qu’ils ne peuvent surprendre
Des mots qu’ils ne peuvent comprendre
Qui disent à toi ce que je veux te dire
Des mots
Qui les feront sourirent et qui te feront rire
Des mots
Dont ils ne riront pas vraiment
Par faute de comprendre
Des mots
Mais pas à eux tout simplement
Des mots
Qui ouvriraient les portes de l’enfance
Des mots tout juste appris
Des mots à peine compris
Des mots comme pour une défense

Des mots qui sont des jeux
Et puis que l’on dépense comme en toute innocence
Pour se comprendre mieux
Dans un combat à deux
Duels de révérence
Duels de mots creux
Des mots qui sont des cris
Pas trop forts mais quand même
Des mots qui sont des cris
Pour exalter la vie
D
es mots qui sont des cris
Pour lui dire je t’aime
Des mots qui sont des cris
Des cris que l’amour mène
Des mots qui sont des cris
Des cris que l’amour tue
Tourmente et mine
Tout simplement
Je ne connais qu’un cri : Maman
Mais des mots qu’il faut vivre
Des mots qu’il faut comprendre et puis surprendre aussi
Des mots qui font de nous celui qui est surpris

Des mots pour exalter ce peu qu’on a de vivre
Des mots pour relater aussi petit que nous
Des mots pour dire tout simplement
Des mots pour dire tout bêtement
Il est si difficile d’aimer pour tous
Dans ce monde imbécile où tout est déformé
Aimer n’a plus de sens
Et pourtant
Je t’aime

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

jeudi, 27 mars 2008

Sidéric

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

Ensemble contre le sida


podcast
 

De l’amour plein la gueule …
Mais le sida dans l’cul !
Il est parti tout seul
L’ami qu’on ne voit plus
Il est parti très vite
C’était tout au début
La mort a pris sa bite
Et nous a fait cocus …
La mort a pris sa bite
Et puis sa vie aussi
De là où il habite
Je l’entends qui nous crie :

«Soyez pas cons les gars
Bordel protégez-vous
Nous, on ne savait pas
Mais vous vous seriez fous
Ell’ band’ra pas plus petit
Votre queue en latex
Respectez votre vie
Protégez votre sexe
Respectez votre vie
Y a trop morts dans la foule
Mourir au creux d’un lit
C’est cher payer la moule !
C’est cher payer l’amour
Que d’en mourir pour çà
Deux vies, c’est bien trop court
Pour mourir du sida !
Nos queues donnent la vie
Comme elles portent la mort
Sois pas salaud ami
Protège-moi d’abord
Sois pas salaud ami
Empêche la mort en moi
Donne-moi ces mille vies
Que ton sexe me doit ! …»

L’amour en pleine gueule ..
Et le sida dans l’cul
Éric est parti seul
On ne l’a plus revu
Il est parti très vite
C’était au tout début
La mort a pris sa bite
Et nous a faits cocus …

L’amour en pleine gueule
Et puis la vie avec
Çà dépend de toi seul
Çà dépend de toi, Mec !
L’amour en pleine gueule …
Avec la vie en plus
Çà dépend de vous seuls …
Et la mort l’a dans l’cul !

Hétéro, mon ami
C’est vrai, pour toi aussi !

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Poème écrit le 13/12/95 et dédié à Éric et ses amis – dont j’étais comme un frère …

lundi, 17 mars 2008

Verdun

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

En ces jours de commémoration de la disparition du dernier poilu français, Lazare Ponticelli, voici un texte de prose poétique intitulé "Verdun", qui relate un dialogue entre un fils et son père déserteur, en relation avec les rébellions et les désertions de soldats qui eurent lieu en 1917 suite à la révolution russe, et qui furent réprimées dans le sang à coup de pelotons d'exécution expéditifs.

Papa, dis, p’pa, où est-ce qu’on va comme çà
dis, p’pa, dis écoute-moi
Papa, pourquoi tu fais cette tête là
J’t’ai jamais vu comme çà
dis, p’pa, dis réponds-moi
Tu sais j’ai froid et j’ai faim
dis, j’ai grand faim
Papa, si on retournait à Verdun
Tu t’souviens, y avait du pain
à Verdun


Tais-toi, fiston, dis pas d’bêtises
Ça qu’on y faisait m’fout la hantise
Parce que même si y avait des ch’mises
Parce que même si y avait du pain et des sorlots
Verdun, c’est l’charnier des assassins
Verdun, c’est l’charnier des héros
Ceux qui y sont y sont pas des hommes
Y sont des bêtes, des bêtes de somme
Des paumés qu’la gloire assomme

Papa, tu veux plus être un grand héros
T’aurais ton nom dans les journaux
La vie alors serait du gâteau
On serait riches, on aurait du cœur
J’te paierais des grolles de chasseur
Et à Maman, t’y paierais des fleurs …


Tais-toi et marche, un héros moi
Ah, tu t’figures
Que je tuerais quelqu’un pour l’allure
Que m’donnerait cette gloire
D’avoir gagné sur un champs d’foire
Où les quilles elles sont la mémoire
Tais-toi et marche, te retourne pas
C’qu’est derrière nous ce sont nos pas
Et ça qu’est devant, c’est la seule voie
Qui ne soit pas encore souillée
Par le sang de tous ces bouchers
La seule où l’on puisse rêver

Papa, dis p’pa, où est-ce qu’on va comme ça
Dis, p’pa, dis, écoute-moi
Papa, on a traversé tout Paris
On a rien mangé d’puis samedi
On a marché et puis, et puis
Et puis, j’sais bien pourquoi qu’on fuit
Dis, Papa, tu sais où on va
J’sais bien qu’tu l’sais, sois chic, dis-moi
Dis-moi aussi tout c’que t’as vu
Je veux savoir, j’ai pas vécu
Dis-moi la vie comme tu l’as vue …?


La vie fiston, c’est un corridor
Tu sais un couloir où le pauvre y dort
Il est long, il est retord
Un labyrinthe quoi, mais on s’en sort
Quelque fois c’est une salle d’attente
Alors tu rentres et tu attends
Tu attends quoi, je n’sais pas, t’attends
Et quand t’es las, ben on t’étend

Et nous qu’est-ce qu’on fait, dis Papa

On entre, on voit et on s’en va
Allons viens, pressons-nous si t’as froid
Plutôt qu’on y sera, mieux qu’on s’ra

Papa, dis p’pa v’l’a Notre-Dame
Et ben on l’connaît l’maccadam
D’puis Verdun qu’on marche et qu’on damne
Tu parles d’une trotte
Oh, regarde, y ont des flambeaux
Tu parles d’un truc, qu’est-ce que c’est beau !
Oh, regarde, le bonhomme tout là-haut
Tu crois qu’j’y ressemble ? c’est rigolo !
Oh, regarde la sale tête qu’il a
Celui qu’est à gauche de çuila


Viens, r’garde pas ça
R’garde pas ça, j’te dis, c’est idiot
C’est méchant et puis c’est faux
Pas d’justice t’entends, y a pas d’justice
Et y en aura pas tant qu’y aura des guerres
Tant qu’on s’battra
Tant qu’on t’dira d’tirer sur un homme qu’est comme toi
Y a pas de justice
Y en a pas.
Écoute mon petit, écoute-moi
Aime, aime n’importe qui
Aime n’importe quoi
L’amour ça fait du bien au fond de soi …
Tu sais à la maison, je n’peux plus y aller
Regarde ces gendarmes, ils viennent m’arrêter
Mais toi retourne voir Maman
Et dis lui que je l’aime
Retourne voir Maman et va vivre avec elle
Dis-lui ce que je suis, dis-lui, elle comprendra
Dis-lui, un déserteur ton Papa …

Papa, dis p’pa qu’est-ce que tu fais
Te v’là monté sur l’parapet
Non, Papa !


C’est vous qui l’avez tué
Et Maman où elle est maintenant
Maman je t’aime,
Maman il t’aime,
Maman on t’aime, nous
Maman, crachons sur la guerre
Maman, crachons sur les bourreaux
Maman, ils sont des salauds
D’où on vient, là-bas
À Verdun


dimanche, 02 mars 2008

Un poète ne s’appartient pas

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem


podcast

Un poète ne s’appartient pas

Il n’est que le feu de lui-même

Un poète ne s’appartient pas

Il n’est que le fou que l’on aime

Un poète c’est comme un coucou

Il habite là où tu gis

Il habite là où tu vis

Un poète c’est un coucou

Il s’approprie … tout

vendredi, 08 juin 2007

Je marche mes poèmes

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

podcast

Moi, tu sais, j’ai toujours marché mes poèmes
Je les écris tous pas à pas
Sans savoir quel mot me viendra
Je ne suis pas mon propre maître

En fait, les mots me mangent

Ils sont mes propres traîtres

Situation étrange

Que je ne comprends pas

Les mots me viennent tels des anges

Qui me suivent pas à pas

Mais je ne les vois pas

Et pourtant ils sont là

Je marche mes poèmes

Comme je marche ma vie

Sans savoir où je vais

Sans savoir qui je suis

Peut-être qu’un jour je comprendrai

Et ce sera grâce à toi

S’il en est ainsi

Alors, lecteur, Merci

dimanche, 03 juin 2007

C’est beau d’être né de toi

En ce jour de Fêtes des mères, voici une chanson pour dire tout son amour à toutes les Mamans du monde


podcast 
 

C’est beau d’être né de toi
C’est beau que tu aimes Papa
C’est beau cette vie que l’on a
C’est beau d’être aimé de toi

Maman, je veux te dire je t’aime
Je veux te le dire en poème
Mais, je ne sais comment l’écrire
Y’a trop de mots pour te le dire

C’est beau d’être né de toi
C’est beau que tu aimes Papa
C’est beau cette vie que l’on a
C’est beau d’être aimé de toi

Je sais qu’un jour je serai grand
Je vais devenir un parent
Tu seras toujours ma maman
Encore plus fort que maintenant

C’est beau d’être né de toi
C’est beau que tu aimes Papa
C’est beau cette vie que l’on a
C’est beau d’être aimé de toi

Tu dis qu’un jour tu vas partir
Maman, tu ne dois pas mourir
La mort n’est pas faite pour toi
Maman, il te faut rester là

C’est beau d’être né de toi
C’est beau que tu aimes Papa
C’est beau cette vie que l’on a
C’est beau d’être aimé de toi

Maman, je veux te dire je t’aime
Je veux te le dire en poème
Maman, c’est ta fête aujourd’hui
Merci d’avoir créé ma vie

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

lundi, 28 mai 2007

Parce que je t'aime

podcast


Parce que je t’aime
La part de mort que je sais en toute vie
Vient de disparaître …
– Feu la mort ! –
Et le soleil est adolescent …

Salut ! Compagnon flamboyant
Qui sèche la pluie comme des larmes
Qui m’arme
De toutes mes envies
De toi
L’envie de naître et de renaître
Toujours,
Toujours
Pour aimer
Pour t’aimer …
Pour être
Pour t’être
Toujours, tous les jours
Pour m’être aussi parfois
Quand la peur me vient
De t’être trop peu
De t’être trop vieux
Trop vain
Quand mes bras tremblent du bout de leurs doigts
Parce que ton corps est là contre moi
Et que je t’aime
Fort, trop fort
Pour t’aimer bien.

Parce que je t’aime
Et que tu es mon soleil
Je vais renaître.

 © Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

mercredi, 25 avril 2007

Le Discours

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

podcast
 

L’assistance était belle, on parlait politique
Et tous les orateurs avaient eu du succès
Ils avaient exposé les dernières statistiques
Et chacun à présent se sentait rassuré
«Entre les démagogues, les traites, et les menteurs
On ne sait vraiment plus mon cher pour qui voter !»
On avait oublié d’éteindre un projecteur
Quand soudain des coulisses un homme est arrivé …
Il y eut un silence, alors il a chanté :

Demain tout peut changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’aimer !

Je veux créer un monde, un monde à notre image
Monde où nous serons fous, monde où nous serons sages
Mon premier sera l’Homme, ma première la Femme
L’Enfant sera mon cœur, le Vieillard mon âme.
Plus de papa-maman, plus de bible, plus de lois,
Plus de cette morale qui enfante la haine
Et qui met pour leurs crimes au service des rois
Le peu qu’il nous restait de la conscience humaine …

Demain tout peut changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’aimer !

Je t’apprendrai à lire dans les yeux des étoiles
L’alphabet de la joie, les verbes en mouvement
Je t’apprendrai à lire sur le front des étoiles
Le grand livre oublié du message des vents.
Et s’il faut que mes ongles creusent ta carapace
J’inventerai des mots qui sauront t’écorcher
J’arracherai de toi ces lambeaux de grimace
Cette servilité qui t’a défiguré …

Demain tout peut changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’aimer !

Faut-il que je te montre le rire de la haine
Sous le masque de plomb d’un garçon de quinze ans
Auquel on a appris semaine après semaine
A ne jamais confondre travail et sentiment
Qui donne un coup de pied au ventre de sa chienne
Et puis va étudier sa leçon d’allemand
Et qui demain fera des enfants à la chaîne
Auxquels il apprendra à devenir méchants …

Demain tout doit changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’AIMER !

L’assistance était belle, on parlait politique
Et tous les orateurs avaient eu du succès
Pourtant je me souviens qu’un moment de panique
Secoua les premiers rangs de cette noble assemblée.
«Qu’attend donc la police ? C’est un provocateur
Vous voyez bien ma chère qu’on n’est pas protégés !»
Mais une balle éteignit soudain le projecteur
Ce n’est qu’à la troisième que l’homme fut touché.
Il y eut un silence et quelqu’un a crié :

Demain tout va changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir de TUER !