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samedi, 26 février 2011

L'homme qui n'a pas de musique en lui... de W. Shakespeare

Remarquez un troupeau sauvage et vagabond, une horde de jeunes poulains indomptés : ils essayent des bonds effrénés, ils mugissent, ils hennissent, emportés par l'ardeur de leur sang. Mais que par hasard ils entendent le son d'une trompette ou que toute autre musique frappe leurs oreilles, vous les verrez soudain s'arrêter tous, leur farouche regard changé en timide extase sous le doux charme de la musique.

Aussi les poètes, ont-ils feint qu'Orphée attirait les arbres, les pierres et les flots, parce qu'il n'est point d'être, si brut, si dur, si furieux, dont la musique ne change pour un moment la nature.

L'homme qui n'a pas de musique en lui et qui n'est pas ému par le concert des sons harmonieux est propre aux trahisons, aux stratagèmes, aux rapines. Les mouvements de son âme sont mornes comme la nuit et ses affections noires comme l'Erèbe. Défiez-vous d'un tel homme ! Ecoutons de la musique

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mardi, 23 janvier 2007

Paroles de Prévert

J'ignore tout ce que je sais
Et ne sais rien du tout
De tout ce que j'ignore
Comment pourrais-je croire à la mort
Puisque je sais que tu mourras un jour.

medium_Prevert_et_son_chien.3.jpg
La Belle Vie

Quand la vie a fini de jouer
La mort remet tout en place

La vie s'amuse
La mort fait le ménage
Peu importe la poussière qu'elle cache sous le tapis

Il y tant de belles choses qu'elle oublie.


Voir aussi : Reportage multimédia sur Jacques Prévert

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mercredi, 19 juillet 2006

L'étranger

de Charles Beaudelaire

Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? 
Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère !
Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

Tes amis?
Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

Ta patrie ?
J'ignore sous quelle latitude elle est située.

La beauté?
Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.

L'or ?
Je le hais comme vous haissez Dieu.

Eh ! Qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
J'aime les nuages ... les nuages qui passent ... là-bas ... les merveilleux nuages !

medium_La_condition_humaine.jpg

Et pour suivre "l'invitation au voyage" de Beaudelaire , voici un excellent site qui lui rend hommage.

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dimanche, 16 juillet 2006

Il faut nous aimer sur Terre

Voici un texte méconnu de Paul Fort que sa femme, Germaine Tourangelle, m'a raconté avoir retrouvé sur un petit bout de papier en fouillant des piles d'autres documents ...
Voilà à quoi tient souvent le passage à la postérité de l'inspiration du poète : avoir l'instinct de griffonner les vers qui s'invitent sans prévenir dans sa tête et à une femme qui garde tout précieusement ...

Paul Fort (1872-1960), Prince des Poètes

medium_photo_018.3.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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mercredi, 10 mai 2006

Pour égayer ma maison

De Marcel Rioutord 

Pour égayer ma maison
J'ai voulu y mettre des fleurs
Mais les fleurs ont baissé la tête
Et puis elles se sont fânées
Alors j'y ai mis des oiseaux
Mais les oiseaux ont baissé la tête
Et puis ils se sont tus
Alors ...
J'y ai mis une femme
Et depuis ?...
Depuis c'est moi qui baisse la tête                                          

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lundi, 24 avril 2006

What a wonderful world

de Georges Weiss / Bob Thiele
 
I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself what a wonderful world.


I see skies of blue and clouds of white
The bright blessed day, the dark sacred night
And I think to myself what a wonderful world.


The colors of the rainbow so pretty in the sky
Are also on the faces of people going by
I see friends shaking hands saying how do you do
They're really saying I love you.


I hear babies crying, I watch them grow
They'll learn much more than I'll never know
And I think to myself what a wonderful world
Yes I think to myself what a wonderful world.
Oh Yeah

Si magnifiquement interprétée par le grand Louis Amstrong

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lundi, 27 mars 2006

Pardon, Madame, pour un soir ...

Pour les amateurs de textes rares et curieux, j'ai retrouvé ce texte du chansonnier Jean Rieux qui date probablement des années 1920. Bonne lecture.

Le Boxeur Georges Carpentier s’en fut à New-York livrer le « combat de sa vie » contre l'américain Dempsey. Des fusées dans le ciel de Paris annoncèrent sa victoire ...
Quelques jours après Mme Curie revint d’Amérique, rapportant un peu de radium. Son retour passa totalement inaperçu.

Pardon, Madame, pour un soir ...

-         Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –

Mais nos provisions de fusées
Hélas! Se trouvaient épuisées ...
Oui, pardon pour le soir vide et mélancolique
Où vous nous reveniez, si grande, d’Amérique !
C’est que la veille un peuple entier
avait frémi pour Carpentier
C’était fatal ... Vous, vous étiez
Évidemment la bienfaitrice.
Mais les drapeaux étaient pliés
Et tiré le feu d’artifice ...

-         Pardon, Madame, pour un soir

Où notre ciel est resté noir ! –

 

... Or, voyez-vous, ce Carpentier

Que nous avions chéri la veille,

C’est une sorte de merveille

Et – nul ne songe à le nier –

C’est un athlète, ma parole,

Auprès duquel le Discobole

Et le coureur de marathon

Apparaissent des avortons.

En smoking tout comme en cal’çon

C’est un brave et loyal garçon,

À la fois ardent et frivole,

Qui, pour fair’ cuire des marrons,

Fabriqu’ lui-même ses cass’roles ...

 

-         Pardon, Madame, pour un soir

Où notre ciel est resté noir ! –

... Mais, n’est-ce pas, ce Carpentier,

vous-même si vous le voyiez

« Notre Georges ! ... » rien qu’un’ minute,

vous diriez : «  Ah ! la belle brute ! »

Et c’est quelque chose, cela

Évidemment ...Alors, voilà,

Madame, vous, vous n’apportiez

Au creux de vos deux mains unies,

qu’une étincelle de génie,

Une pauvre étincell’, tout’ petite, tout’, seule ...

Et lui nous rapportait des coups d’poing sur la gueule ...

Et ces gnons, si loin récoltés,

ces morniffs et ces ecchymoses,

Pour nous, Français, ça sont des choses

À quoi depuis l’antiquité

Nous ne savons pas résister.

-       Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –

Hélas ! du géni’ c’est le lot ...
Bienfaitric’ ... ça n’est pas un titre,
Pourquoi n’étiez-vous pas Charlot,
Douglas ...ou bien quelque autre pitre ?
Et puis enfin, votre ... machin
Votre radium ... ces noms latins
ça n’inspire pas confiance.
On aime les mots clairs, en France :
Swing, uppercut, bluff et knock-out,
C’est limpide, au moins, ça dit tout !

-       Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –

Pardon pour la gare déserte

Où nulle fleur ne fut offerte;

Pardon pour les trois journalistes

Qui poirautaient vagues et tristes;

Pardon pour tous les députés

Et tous les ministres restés

Auprès de belles sociétaires

Qu’ils désiraient à part entière.

Pardon pour le chef de l’État,

qui précisément ce soir-là

devait présider un gala

en l’honneur du Guatemala.

Pardon surtout ... oh ! grand pardon,

Pour les environ deux millions

D’enthousiastes citoyens

Qui ne fir’nt sur votre passage

La haie, ainsi qu’il est d’usage

Pour les cabots et les souvr’ains.

Pardon pour tout un peuple entier

Que l’on n’avait pas renseigné ...

-         Un temps viendra, madame, où la pure étincelle

Que vous nous apportiez entre vos mains fidèles,

Sera le brasier merveilleux :

Force pour la jeunesse et santé pour les vieux;

Soulag’ra, guérira, fera même survivre !

(savants et bienfaiteurs par milliers vont vous suivre)

Chaque jour des milliers d’existenc’s s’ront sauvées ...

C’est pourquoi tous les soirs on verra des fusées

Pour tous les malades guéris,

Monter dans le ciel de Paris,

Du Sacré-Cœur à Notre-Dame ...

Des milliers de fusées, hautes, droites et blanches ...

 

-         Et ce sera votre revanche,

Madame ...

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samedi, 11 mars 2006

Tu n’emporteras rien avec toi

De Pierre Béarn (1990)

Homme,
qui que tu sois
tu n’emporteras rien
avec toi.

Homme inhumain par habitude
ou par conviction,
Abel façonné par la vie
en Caïn pour les carnages,
quand donc jetteras-tu
tes masques de peinturlures
tes lauriers de prédateur ?

Tu n’emporteras rien
avec toi

Rien n’était urgent dans la vie
mais tu fus toujours pressé d’écraser
quiconque se mouvait dans d’autres couleurs.

Couleurs de peau, couleurs d’idées,
couleurs de tous les drapeaux coupables,
couleur des uniformes truqués.

Tu n’emporteras rien
avec toi

Iraniens, Irakiens, qu’espérez-vous
sur vos champs puants de pétrole ?
Israéliens, Palestiniens,
n’étiez-vous pas du même sang ?

Et vous mes Africains,
mes rois nègres, mes nomades
des sables quadrillés par les Blancs
pourquoi jaillir en ennemis
hors du feu chantant de vos danses ?
Vous n’emporterez rien
avec vous.

O mes peaux Rouges de l’enfance
mes Arméniens de la vengeance,
peuples bafoués et méprisés
et vous ! coffres-forts de l’aisance
vous n’emporterez rien
avec vous.

Est et Ouest dressés
en face à face dérisoire
où donc prenez-vous vos points cardinaux ?

Vous n’emporterez rien
avec vous.

Policiers et soldats victimes
des voix de l’anonymat,
peuples mal soumis des usines
et vous, mes clochards de la vie
vous n’emporterez rien avec vous.

Hommes déchirés de races
et de convictions ennemis,
Hommes drogués, saoulés d’argent
dans la fermentation des convoitises,
qui donc pourrait vous pardonner
dans l’au-delà ?

Vous n’emportrez rien
avec vous.

Que tu sois né du Christ ou de Lénine
de Mahomet ou de Bouddha
ou d’un ventre mal défini
tu n’emporteras rien
avec toi.

Voir aussi un autre extrait de ses textes "L'hymne à la bête" qu'il a eu la gentillesse de me dédicacer.

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vendredi, 10 mars 2006

Le courant d'air

Un très curieux petit poème peu connu de René de Obaldia                                                                                                                                                                                                                               
                                                                                                                                                                - - Maman, Maman viens voir
Maman le canari tombé de son perchoir
Avec un oeil tout gris
et le bec rabougri
et les pattes raidies
tout drôle sans un cri
Vite Maman vite
t'as pas de l'eau bénite
mets ta main il est froid
tout froid dans sa queue de pie
Maman qu'est-ce que tu crois?
- Il est mort mon petit
Je ne peux rien pour lui
C'est comme ta grand-mère
il est monté tout droit au paradis
- D'abord grand-mère est en enfer!
- Hector! ne prononce pas des paroles impies
- Mais comment il est mort Maman
Comment?
- Je ne sais pas, un courant d'air probablement
- Un courant d'air?
Et qu'est ce que ça veut dire la mort
C'est pour rire dis Maman, c'est pour rire
- C'est pour rire, c'est pour rire
Tu ne vas pas pleurer
Mon petit homme, mon petit trois pommes
Mon petit ange, mon petit frisé ...
- Vite Maman, ferme les fenêtres
Il ne faut pas que l'air pénètre
Ferme les portes, les vasistas
Ne laisse pas rentrer le vent
Autrement toi aussi tu vas tomber morte
Sans plus jamais parler
Jamais plus t'envoler
Le bec soudain cloué, les ailes au-dedans
Et pour combien de temps dis Maman
POUR COMBIEN DE TEMPS

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samedi, 12 novembre 2005

Aux fils des mères encore vivantes ...

Voici la conclusion du LIVRE DE MA MERE d'Albert Cohen. Merveilleux petit livre qu'il faut je crois avoir lu un jour dans sa vie.             
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Fils des mères encore vivantes,
n'oubliez plus que vos mères sont mortelles.
Je n'aurais pas écrit en vain,
si l'un de vous, après avoir lu mon chant de mort,
est plus doux avec sa mère, un soir,
à cause de moi et de ma mère.
Aimez-la mieux que je n'ai su aimer ma mère
Que chaque jour vous lui apportiez une joie,
c'est ce que je vous dis du droit de mon regret,
gravement du haut de mon deuil.
Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes,
sont les seules condoléances qu'à moi-même je puisse m'offrir.
Pendant qu'il est temps, fils,
pendant qu'elle est encore là
Hâtez-vous,
car bientôt l'immobilité sera sur sa face
imperceptiblement souriante,
virginalement.
Mais je vous connais,
et rien ne vous ôtera à votre folle indifférence
aussi longtemps que vos mères seront vivantes.
Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra
et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leur mère,
les fous si tôt punis.

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