mardi, 23 janvier 2007
Paroles de Prévert
J'ignore tout ce que je sais
Et ne sais rien du tout
De tout ce que j'ignore
Comment pourrais-je croire à la mort
Puisque je sais que tu mourras un jour.
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La Belle Vie
Quand la vie a fini de jouer
La mort remet tout en place
La vie s'amuse
La mort fait le ménage
Peu importe la poussière qu'elle cache sous le tapis
Il y tant de belles choses qu'elle oublie.
Voir aussi : Reportage multimédia sur Jacques Prévert
08:25 Publié dans Parmi mes auteurs préférés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, littérature, poète, la vie, paroles, Prévert
mercredi, 19 juillet 2006
L'étranger
de Charles Beaudelaire
Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère !
Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
Tes amis?
Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
Ta patrie ?
J'ignore sous quelle latitude elle est située.
La beauté?
Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
L'or ?
Je le hais comme vous haissez Dieu.
Eh ! Qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
J'aime les nuages ... les nuages qui passent ... là-bas ... les merveilleux nuages !
Et pour suivre "l'invitation au voyage" de Beaudelaire , voici un excellent site qui lui rend hommage.
19:15 Publié dans Parmi mes auteurs préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, littérature, poète, étranger, Baudelaire
dimanche, 16 juillet 2006
Il faut nous aimer sur Terre
Voici un texte méconnu de Paul Fort que sa femme, Germaine Tourangelle, m'a raconté avoir retrouvé sur un petit bout de papier en fouillant des piles d'autres documents ...
Voilà à quoi tient souvent le passage à la postérité de l'inspiration du poète : avoir l'instinct de griffonner les vers qui s'invitent sans prévenir dans sa tête et à une femme qui garde tout précieusement ...
Paul Fort (1872-1960), Prince des Poètes

Brassens interprète des poèmes de Paul Fort :
- "Si le Bon Dieu l'avait voulu"
Suivi d'un échange avec le présentateur sur les textes de Paul Fort mis en musique.
- "La marine "
Suivi d'un échange avec le présentateur sur son côté réservé face au public.
- "L'enterrement de Verlaine" sur une mélodie semblable à sa chanson "La marche nuptiale"
18:10 Publié dans Parmi mes auteurs préférés | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, chanson, poète, littérature, diseur de poème, aimer, vivant
mercredi, 10 mai 2006
Pour égayer ma maison
13:50 Publié dans Parmi mes auteurs préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, littérature, poème, poète, femme
lundi, 24 avril 2006
What a wonderful world
de Georges Weiss / Bob Thiele
I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself what a wonderful world.
I see skies of blue and clouds of white
The bright blessed day, the dark sacred night
And I think to myself what a wonderful world.
The colors of the rainbow so pretty in the sky
Are also on the faces of people going by
I see friends shaking hands saying how do you do
They're really saying I love you.
I hear babies crying, I watch them grow
They'll learn much more than I'll never know
And I think to myself what a wonderful world
Yes I think to myself what a wonderful world.
Oh Yeah
Si magnifiquement interprétée par le grand Louis Amstrong
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lundi, 27 mars 2006
Pardon, Madame, pour un soir ...
Pour les amateurs de textes rares et curieux, j'ai retrouvé ce texte du chansonnier Jean Rieux qui date probablement des années 1920. Bonne lecture.
Le Boxeur Georges Carpentier s’en fut à New-York livrer le « combat de sa vie » contre l'américain Dempsey. Des fusées dans le ciel de Paris annoncèrent sa victoire ...Quelques jours après Mme Curie revint d’Amérique, rapportant un peu de radium. Son retour passa totalement inaperçu.
Pardon, Madame, pour un soir ...
- Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –
Mais nos provisions de fusées
Hélas! Se trouvaient épuisées ...
Oui, pardon pour le soir vide et mélancolique
Où vous nous reveniez, si grande, d’Amérique !
C’est que la veille un peuple entier
avait frémi pour Carpentier
C’était fatal ... Vous, vous étiez
Évidemment la bienfaitrice.
Mais les drapeaux étaient pliés
Et tiré le feu d’artifice ...
- Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –
... Or, voyez-vous, ce Carpentier
Que nous avions chéri la veille,
C’est une sorte de merveille
Et – nul ne songe à le nier –
C’est un athlète, ma parole,
Auprès duquel le Discobole
Et le coureur de marathon
Apparaissent des avortons.
En smoking tout comme en cal’çon
C’est un brave et loyal garçon,
À la fois ardent et frivole,
Qui, pour fair’ cuire des marrons,
Fabriqu’ lui-même ses cass’roles ...
- Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –
... Mais, n’est-ce pas, ce Carpentier,vous-même si vous le voyiez
« Notre Georges ! ... » rien qu’un’ minute,
vous diriez : « Ah ! la belle brute ! »
Et c’est quelque chose, cela
Évidemment ...Alors, voilà,
Madame, vous, vous n’apportiez
Au creux de vos deux mains unies,
qu’une étincelle de génie,
Une pauvre étincell’, tout’ petite, tout’, seule ...
Et lui nous rapportait des coups d’poing sur la gueule ...
Et ces gnons, si loin récoltés,
ces morniffs et ces ecchymoses,
Pour nous, Français, ça sont des choses
À quoi depuis l’antiquité
Nous ne savons pas résister.
- Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –
Hélas ! du géni’ c’est le lot ...
Bienfaitric’ ... ça n’est pas un titre,
Pourquoi n’étiez-vous pas Charlot,
Douglas ...ou bien quelque autre pitre ?
Et puis enfin, votre ... machin
Votre radium ... ces noms latins
ça n’inspire pas confiance.
On aime les mots clairs, en France :
Swing, uppercut, bluff et knock-out,
C’est limpide, au moins, ça dit tout !- Pardon, Madame, pour un soir
Où notre ciel est resté noir ! –Pardon pour la gare déserte
Où nulle fleur ne fut offerte;
Pardon pour les trois journalistes
Qui poirautaient vagues et tristes;
Pardon pour tous les députés
Et tous les ministres restés
Auprès de belles sociétaires
Qu’ils désiraient à part entière.
Pardon pour le chef de l’État,
qui précisément ce soir-là
devait présider un gala
en l’honneur du Guatemala.
Pardon surtout ... oh ! grand pardon,
Pour les environ deux millions
D’enthousiastes citoyens
Qui ne fir’nt sur votre passage
La haie, ainsi qu’il est d’usage
Pour les cabots et les souvr’ains.
Pardon pour tout un peuple entier
Que l’on n’avait pas renseigné ...
- Un temps viendra, madame, où la pure étincelle
Que vous nous apportiez entre vos mains fidèles,
Sera le brasier merveilleux :
Force pour la jeunesse et santé pour les vieux;
Soulag’ra, guérira, fera même survivre !
(savants et bienfaiteurs par milliers vont vous suivre)
Chaque jour des milliers d’existenc’s s’ront sauvées ...
C’est pourquoi tous les soirs on verra des fusées
Pour tous les malades guéris,
Monter dans le ciel de Paris,
Du Sacré-Cœur à Notre-Dame ...
Des milliers de fusées, hautes, droites et blanches ...
- Et ce sera votre revanche,
Madame ...
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samedi, 11 mars 2006
Tu n’emporteras rien avec toi
De Pierre Béarn (1990)
Homme,
qui que tu sois
tu n’emporteras rien
avec toi.
Homme inhumain par habitude
ou par conviction,
Abel façonné par la vie
en Caïn pour les carnages,
quand donc jetteras-tu
tes masques de peinturlures
tes lauriers de prédateur ?
Tu n’emporteras rien
avec toi
Rien n’était urgent dans la vie
mais tu fus toujours pressé d’écraser
quiconque se mouvait dans d’autres couleurs.
Couleurs de peau, couleurs d’idées,
couleurs de tous les drapeaux coupables,
couleur des uniformes truqués.
Tu n’emporteras rien
avec toi
Iraniens, Irakiens, qu’espérez-vous
sur vos champs puants de pétrole ?
Israéliens, Palestiniens,
n’étiez-vous pas du même sang ?
Et vous mes Africains,
mes rois nègres, mes nomades
des sables quadrillés par les Blancs
pourquoi jaillir en ennemis
hors du feu chantant de vos danses ?
Vous n’emporterez rien
avec vous.
O mes peaux Rouges de l’enfance
mes Arméniens de la vengeance,
peuples bafoués et méprisés
et vous ! coffres-forts de l’aisance
vous n’emporterez rien
avec vous.
Est et Ouest dressés
en face à face dérisoire
où donc prenez-vous vos points cardinaux ?
Vous n’emporterez rien
avec vous.
Policiers et soldats victimes
des voix de l’anonymat,
peuples mal soumis des usines
et vous, mes clochards de la vie
vous n’emporterez rien avec vous.
Hommes déchirés de races
et de convictions ennemis,
Hommes drogués, saoulés d’argent
dans la fermentation des convoitises,
qui donc pourrait vous pardonner
dans l’au-delà ?
Vous n’emportrez rien
avec vous.
Que tu sois né du Christ ou de Lénine
de Mahomet ou de Bouddha
ou d’un ventre mal défini
tu n’emporteras rien
avec toi.
Voir aussi un autre extrait de ses textes "L'hymne à la bête" qu'il a eu la gentillesse de me dédicacer.
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vendredi, 10 mars 2006
Le courant d'air
23:35 Publié dans Parmi mes auteurs préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, littérature, poète, mère, mort, poème
samedi, 12 novembre 2005
Aux fils des mères encore vivantes ...
22:40 Publié dans Parmi mes auteurs préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, littérature, mère, mort, fils
mardi, 13 septembre 2005
Le métier de mère
Voici un magnifique poème du poète vietnamien Che Lan Vien. Poème écrit en 1966 et que pendant plus de 10 ans, j’ai dit à quelques milliers d’enfants européens à l’occasion de conférences.
Hélas, ce poème est peu connu … Pourtant, son titre est magnifique et d’une extraordinaire actualité- mais c’est bien ça précisément la force de la poésie, celle d’être immortelle-, le poème s’appelle « Le métier de mère ».
LE METIER DE MERE de Che Lan Vien
Chez nous, le métier de mère est difficile.
Il est d’autres pays où les mères
enseignent à leurs enfants l’amour des fleurs …
Chez nous, il nous faut d’abord leur apprendre
comment on évite les bombes …
Il est d’autres pays
où les mères enseignent à leurs enfants à reconnaître les sons de la musique et le chant des oiseaux …
Ici, il faut leur enseigner la différence entre le grondement
d’un B.52 et celui d’un F.105.
Sainte Vierge qui tenez votre enfant dans vos bras depuis 1966 années
Savez-vous que pendant des mois dans mon pays
les mères du Vietnam dorment loin de leur fils ?
Il est des temps où les mères
enseignent à leurs enfants le métier d’homme.
Il est des temps où il faut faire plus.
Il faut leur apprendre à devenir des héros.
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