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mardi, 13 mai 2014

Je marche mes poèmes

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

podcast

Moi, tu sais, j’ai toujours marché mes poèmes
Je les écris tous pas à pas
Sans savoir quel mot me viendra
Je ne suis pas mon propre maître

En fait, les mots me mangent

Ils sont mes propres traîtres

Situation étrange

Que je ne comprends pas

Les mots me viennent tels des anges

Qui me suivent pas à pas

Mais je ne les vois pas

Et pourtant ils sont là

Je marche mes poèmes

Comme je marche ma vie

Sans savoir où je vais

Sans savoir qui je suis

Peut-être qu’un jour je comprendrai

Et ce sera grâce à toi

S’il en est ainsi

Alors, lecteur, Merci

mardi, 13 mars 2012

Parce que je t'aime

podcast


Parce que je t’aime
La part de mort que je sais en toute vie
Vient de disparaître …
– Feu la mort ! –
Et le soleil est adolescent …

Salut ! Compagnon flamboyant
Qui sèche la pluie comme des larmes
Qui m’arme
De toutes mes envies
De toi
L’envie de naître et de renaître
Toujours,
Toujours
Pour aimer
Pour t’aimer …
Pour être
Pour t’être
Toujours, tous les jours
Pour m’être aussi parfois
Quand la peur me vient
De t’être trop peu
De t’être trop vieux
Trop vain
Quand mes bras tremblent du bout de leurs doigts
Parce que ton corps est là contre moi
Et que je t’aime
Fort, trop fort
Pour t’aimer bien.

Parce que je t’aime
Et que tu es mon soleil
Je vais renaître.

 © Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

mardi, 03 mai 2011

Un poète ne s’appartient pas

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem


podcast

Un poète ne s’appartient pas

Il n’est que le feu de lui-même

Un poète ne s’appartient pas

Il n’est que le fou que l’on aime

Un poète c’est comme un coucou

Il habite là où tu gis

Il habite là où tu vis

Un poète c’est un coucou

Il s’approprie … tout

samedi, 27 septembre 2008

Il nous faut vivre

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

Il nous faut vivre
Tel que l’on est
Il nous faut vivre
Tel que l’on sait 

Il nous faut vivre
Au-delà de tout
Il nous faut vivre
Au-delà de nous

Il nous faut vivre
Bien différents
Il nous faut vivre
Totalement

Il nous faut vivre
Pour qui nous sommes
Il nous faut vivre
Pour nous en somme

mardi, 29 avril 2008

Pionnier

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

podcast
 

On élargit la vie

Nous la rendons plus belle

Pour celles et ceux qui veulent bien la vivre

 

Nous sommes des pionniers

Le futur, ce n’est pas seulement demain
Le futur c’est bien plus loin
Le futur, c’est nous
C’est ceux qu’on aime
Ceux que l’on a créés
Ceux qui sont là
Dont on a peur
Peur de leur vie
Pas peur de nous

On élargit la vie

Nous la rendons plus belle

Pour celles et ceux qui veulent bien la vivre

Nous sommes des pionniers

poésie,poète,auteur,diseur de poème,littérature

 

mardi, 05 février 2008

Eco-système ? Eco-on-s'aime?

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

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 En hommage à René Dumont que j'ai eu le grand plaisir de connaître dans les années soixante-dix.


Un être vivant, c’est quelqu’un qui veut vivre,

C'est-à-dire se nourrir, se vêtir, se chauffer,
Se déplacer, se divertir, se soigner (…)

Et profiter de tout ce que le Monde peut lui offrir.
Bien sûr. Mais à quel prix ?
Et pour qui ?
Pour lui tout seul ?
Probablement pas
Un jour ce gars-là
Voudra être un papa
Cela s’appelle
Générer
Et c’est grâce à cela que nous sommes nés

Hélas, quelques uns forcément en payeront le prix.
La vie n’est pas telle qu’on puisse à ce point
Jouer avec elle sans fin.
C’est pourquoi un jour on peut l’espérer
Pour l’amour de la vie, 
« on peut toujours rêver »,
La vie de tout le monde,
De toi, de moi, de nous
S’appellera Écologie,
Ecosystème, Éco-on s’aime …
Éco-on vit  

Et tout cela se passe sur une boule bleue
Fragile,
Gracile
Une Terre adorée si peu
Qu’il faut se demander
Si nous avions raison
Au travers de nos guerres
Et de nos déraisons
De ne pas l’aimer elle
D’abord pour ce qu’elle est
Notre Terre aux yeux bleus
Qui scrute le Soleil
Et fait mal à son feu
Notre Terre
Tout simplement
Notre Terre
Qu’il faut maintenant
Défendre tellement

mercredi, 25 avril 2007

Le Discours

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

podcast
 

L’assistance était belle, on parlait politique
Et tous les orateurs avaient eu du succès
Ils avaient exposé les dernières statistiques
Et chacun à présent se sentait rassuré
«Entre les démagogues, les traites, et les menteurs
On ne sait vraiment plus mon cher pour qui voter !»
On avait oublié d’éteindre un projecteur
Quand soudain des coulisses un homme est arrivé …
Il y eut un silence, alors il a chanté :

Demain tout peut changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’aimer !

Je veux créer un monde, un monde à notre image
Monde où nous serons fous, monde où nous serons sages
Mon premier sera l’Homme, ma première la Femme
L’Enfant sera mon cœur, le Vieillard mon âme.
Plus de papa-maman, plus de bible, plus de lois,
Plus de cette morale qui enfante la haine
Et qui met pour leurs crimes au service des rois
Le peu qu’il nous restait de la conscience humaine …

Demain tout peut changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’aimer !

Je t’apprendrai à lire dans les yeux des étoiles
L’alphabet de la joie, les verbes en mouvement
Je t’apprendrai à lire sur le front des étoiles
Le grand livre oublié du message des vents.
Et s’il faut que mes ongles creusent ta carapace
J’inventerai des mots qui sauront t’écorcher
J’arracherai de toi ces lambeaux de grimace
Cette servilité qui t’a défiguré …

Demain tout peut changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’aimer !

Faut-il que je te montre le rire de la haine
Sous le masque de plomb d’un garçon de quinze ans
Auquel on a appris semaine après semaine
A ne jamais confondre travail et sentiment
Qui donne un coup de pied au ventre de sa chienne
Et puis va étudier sa leçon d’allemand
Et qui demain fera des enfants à la chaîne
Auxquels il apprendra à devenir méchants …

Demain tout doit changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir d’AIMER !

L’assistance était belle, on parlait politique
Et tous les orateurs avaient eu du succès
Pourtant je me souviens qu’un moment de panique
Secoua les premiers rangs de cette noble assemblée.
«Qu’attend donc la police ? C’est un provocateur
Vous voyez bien ma chère qu’on n’est pas protégés !»
Mais une balle éteignit soudain le projecteur
Ce n’est qu’à la troisième que l’homme fut touché.
Il y eut un silence et quelqu’un a crié :

Demain tout va changer
Ma seule politique, c’est mon pouvoir de TUER !

vendredi, 23 février 2007

Demain

 © Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

 

Écoute bien ça, mon ami, je te le dis

Hier, c’est encore aujourd’hui

Demain ne sera pas peut-être

Écoute bien ça, mon ami, je te le dis

Demain sautera par la fenêtre

Et tu resteras là sans vie

mercredi, 10 janvier 2007

Concarneau


podcast
  

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem


Ce poème, c'est à ma mère Guite que je le dédie

Je suis un slave breton qui plante ses racines
Là où la ville a rendez-vous avec la mer
Dans un pays salé où des vagues lubriques
Mordent les pieds des roches en dessinant des criques
Où mes enfants se baignent aussitôt qu’il fait chaud.
Je suis un immigré face à la grande usine
Là où la vie fabrique la vie sans renoncement
Sous une place forte, close de pierres de taille
De ciment de Russie, de sable maculé
Que les hommes ratissent aux abords de l’été
Honteux du chancre noir suppuré des bateaux …

Concarneau, Concarneau
Ma ville où mes enfants sont plus beaux qu’un poème.

Il me fallait la mer pour mon orphelinat
Son spectacle irréel de vie obligatoire
Dont le râle de l’eau n’est jamais arbitraire
Ni le cri des oiseaux, dans ce monde insulaire
Où je pressens que la mort même pourrait mourir.
Il me fallait la mer étendue devant moi
Dans son linceul pisseux quand l’écume s’en mêle
Et rester là figé, longtemps planté devant,
Bête de désespoir, follement indécent,
Attendant, impudique, un miracle à venir …

Concarneau, Concarneau

Le miracle d’un port où voyager à terre
Qui garde des secrets à portée de ma vue
Quand le ciel sous la mer soulevant l’archipel
Ressuscite les îles qu’il nous cachait sous elle
Comme la mort nous cache ceux qu’on n'espère plus.
Le miracle d’un port où jouer à père et mère
En copiant des autres leur façon d’oublier
Dans ces bars familiaux où le temps lâche prise
Où l’on est vieux garçon dont les yeux s’alcoolisent
Qui rentre chez sa femme honteux et dérouté.

Concarneau, Concarneau
Ma ville où mes enfants sont plus beaux qu’un poème.

Oh ! Me défaire pour eux du strip-tease d’écrire
Ou savoir me cacher sous les mots qui me forcent
Désendiguer en moi tous ces cris des poètes
Comme des goélands à l’assaut de ma tête
Pour leur dire simplement que j’aimais bien rêver.
Oh ! Prendre enfin le temps de vivre une autre vie
Au milieu de ces gens ni meilleurs ni pires
Peut-être un peu plus fiers que je ne sais le dire
Imprudents vieux garçons à l’ombre de leur ville
Sous le regard vicieux de Korrigans débiles …
Pour suivre mes deux garçons qui jouent à «tu es mort !»

Concarneau, Concarneau
Ma ville où mes enfants sont plus beaux qu’un poème.

lundi, 17 juillet 2006

Capitaine au long cours

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem


podcast

Capitaine au long cours
Je sais toutes les mers
Je sais les océans
Et le rire des vents

Capitaine au long cours
J’ai une vie d’enfer
Et toujours je repars
Dans un foutu brouillard

Capitaine au long cours
Dès que la mer m’appelle
Je hisse la passerelle
Et je pars droit devant

Capitaine au long cours
Quand la mer se retire
C’est comme un souvenir
Que chantent les haubans :

Aventurier, c’est pas une existence
Partir, pour ne plus revenir
Aventurier, c’est un rêve d’enfance
Que tu n’as pas su retenir

Dans l’eau- du ca-niveau
Je po-sais mon - bateau
Mon ba-teau en - papier
En pa-pier qua-drillé
J’enle-vais mes- galoches
Je po-sais ma- sacoche
Et les- deux pieds- dans l’eau
Je sui-vais mon-bateau ! …


Capitaine au long cours
Je sais toutes les filles
Je sais toutes les putains
Et même des filles très bien

Capitaine au long cours
J’ai tant roulé ma bille
Que j’ai fait des enfants
Sur tous les continents

Capitaine au long cours
Dès que l’amour m’appelle
Je largue la passerelle
Et je prends du bon temps

Capitaine au long cours
Quand l’amour m’ensommeille
Je repense à la vieille
Qui me disait souvent :

Aventurier, c’est pas une existence
Une fille dans chaque port
Aventurier, c’est un amour d’enfance
Qui t’aura fait perdre le nord.

Dans l’eau - du ca-niveau
Je po-sais mon- bateau
Mon ba-teau en - papier
En pa-pier qua-drillé
J’enle-vais ses- galoches
Je po-sais sa- sacoche
Et les- deux pieds- dans l’eau
Elle sui-vait mon-bateau ! …


Capitaine au long cours
Je viens de jeter l’ancre
C’est pas que j’étais âgé
Mais j’étais fatigué

Capitaine au long cours
Il fallait que je rentre
Que je change de décor
De ma chasse au trésor

Capitaine au long cours
J’ai marié une belle
Et dans l’eau de la vaisselle
Noyé tous mes amours …

Capitaine au long cours
Mes croisières aujourd’hui
C’est ce bar des amis
Où je naufrage mes jours :

Aventurier, c’est pas une existence
Mais il ne faut pas revenir
Aventurier, c’est une seconde enfance
Qui ne devrait jamais finir ! …

Dans l’eau- du ca-niveau
Je po-se plus mon-bateau
Mon ba-teau en pa-pier
En pa-pier qua-drillé
J’enlève- plus mes- galoches
Je pose- plus ma- sacoche
Et les- pieds bien- au chaud
J’attends- d’me foutre à l'eau
- à l’eau !

dimanche, 16 juillet 2006

Il faut nous aimer sur Terre

Voici un texte méconnu de Paul Fort que sa femme, Germaine Tourangelle, m'a raconté avoir retrouvé sur un petit bout de papier en fouillant des piles d'autres documents ...
Voilà à quoi tient souvent le passage à la postérité de l'inspiration du poète : avoir l'instinct de griffonner les vers qui s'invitent sans prévenir dans sa tête et à une femme qui garde tout précieusement ...

Paul Fort (1872-1960), Prince des Poètes

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lundi, 03 juillet 2006

Rideau

© Jacques Deslandes - texte déposé à la sacem

Imagine que la vie soit comme une pièce de théâtre,
9 mois plus tôt, on frappe les 3 coups.
Et 9 mois plus tard ...
 


Pour ce tout petit frère

Que le hasard nous donne

Qui déchire sa mère

Au premier cri de l’homme

Rideau !

Pour cet étrange nain

Qui t’éveille la nuit

Et qui serre les poings

Et s’accroche à la vie

Rideau !

Pour ce curieux démon

Qui fréquente les fées

Et fait de ta maison

La maison d’un sorcier

Rideau ! Rideau ! Rideau ! 


Pour ce poète-roi

Qui invente des mots

En effaçant du doigt

La buée des carreaux

Rideau !

Pour cet adolescent

Qui rêve à la ronde

Qu’un jour il sera grand

Et refera le monde

Rideau !

Pour cette fille qui sourit

Sans préméditation

Et jette l’incendie

Dans le corps du garçon

Rideau ! Rideau ! Rideau ! 


Pour son premier baiser

Obtenu au chantage

Quand deux mains affolées

Dansent sur un corsage

Rideau !

Pour le premier matin

Qu’il se réveille deux

Pour le premier matin

Qu’on l’appelle «Monsieur»

Rideau !

Et pour la grande fête

Des jours renouvelés

Pour la joie satisfaite

De s’être mérités

Rideau ! Rideau ! Rideau ! 


Sur le flux des années

Qui passent et le bousculent

Et qui vont l’entraîner

Jusqu’à son crépuscule

Rideau !

Sur le fuite des jours

Qui tarit ses ivresses

Et tricote à l’amour

Son châle de tendresse

Rideau !

Sur la grève où soudain

Il se sent échoué

Avec au creux des reins

La rouille des années

Rideau ! Rideau ! Rideau ! 


Sur ce froid qui le glace

Et lui siffle la nuit

«Dieu comme le temps passe

Et comme tu as vieilli»

Rideau !

Sur cette main qui tremble

Quand il veut caresser

Ce gosse qui lui ressemble

Et l’appelle «Pépé»

Rideau !

Sur cette voix qui lui crie

Je ne veux pas mourir

On ne m’a pas tout dit

Je veux encore vieillir

Rideau ! Rideau ! Rideau !


Sur ce carré de terre

Où s’arrête le temps

Le temps d’une prière

Et d’un Saint-Sacrement

Rideau !

Sur ce carré de terre

Où sa vie n’est plus rien

Qu’une étrange chimère

Enfouie dans son écrin

Rideau !

Sur ce carré de terre

Homme où tu n’es plus rien

Qu’un nom sur une pierre

Qui nous dit « A demain »

Rideau ! Rideau ! Rideau !